Nocturnes (2009-2013)

Edition de 3 exemplaires + 1 épreuve d’artiste

80 cm x 80 cm

Tirage sur papier Hahnemühle FineArt

Texte d’introduction à l’exposition collective Nocturnes (Borj Bab Marrakech, Essaouira, nov. 2013)

SAAD A.TAZI – Anthropologue et photographe

C’est beau une ville la nuit. A l’heure où les façades plongent dans l’intimité de l’obscurité, Saïd Benhamida se faufile au pied des murs d’Essaouira pour écrire la ville comme il l’entend.

 

Diluant les couleurs et les matières dans des temps de pose longs, il offre un spectacle personnel de la ville des vents. Inutile de chercher à se repérer dans cette représentation qui n’a rien d’urbanistique et encore moins d’analytique. Déshabillant les bâtiments, comme on ôterait un voile, il ouvre des fenêtres sur un monde qui n’existe que dans sa tête et dans celle du poète en chacun d’entre nous, qui se sent près à passer de l’autre côté du miroir.

L’âme d’Essaouira transpire dans chaque pierre, dans chaque creux où le temps a aménagé l’histoire de la ville depuis des siècles.

 

C’est dans cette dimension que s’inscrivent les œuvres de Saïd Benhamida.

 

Ni photos, ni peintures, ni abstraites ni figuratives, elles dessinent la lisière où tout devient possible, déterminent cet espace où les nuances, en se fondant, en se chevauchant, dressent la carte d’une Essaouira intime, proche, mystérieuse qui se révèle par touches légères comme une toile dont on ne saisit le sens qu’une fois achevée.

Dans le travail de Saïd Benhamida, il y a une quête, dans ce qu’elle a d’obsessionnel, une recherche obstinée de cette combinaison de lieu, de temps et d’émotion qui jalonnent le chemin du voyageur pour dessiner le trajet non pas autour d’une ville mais en son âme et en son cœur.

 

Quoi de mieux qu’une rotonde, qui tourne comme la terre pour donner en partage ces images pour recréer la ronde du temps et les ballades nocturnes, comme un livre lourd et épais dont on parcourt avec plaisir et impatience les pages pour découvrir les énigmes et leurs clés, chapitre après chapitre.